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"Le Mur" Borisov |
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Ce type de phobie est le plus fréquent. En
France, l’incidence est évaluée par les psychiatres
à 2% de la population et touche particulièrement
les femmes.
Le terme d’agoraphobie
est trompeur puisque
le mot grec «agora » signifie
place, lieu
de rassemblement.
En effet,
quand les symptômes du
trouble poussent quelqu’un
à éviter des situations
où il pourrait lui
être difficile de s’enfuir
ou bien où il
pourrait ne pas trouver
de solution de secours
en cas d’attaque de panique
inattendue, on
parle d’agoraphobie.
C’est un terme qui désigne
aussi des phobies
apparentées, comme la peur
de quitter son
domicile, la peur des magasins,
des foules
et des endroits publics,
ainsi que la peur
de voyager seul en avion,
en bus ou n train
par exemple.
Les situations sont évitées
ou subies avec
une souffrance intense
ou avec la crainte
d’avoir une attaque de
panique. Plus de 80%
des agoraphobes ont déjà
vécu un trouble
panique, ponctuel ou répété.
Ce vécu entraîne
une anticipation aigüe
d’une éventuelle nouvelle
crise d’angoisse.
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Günter Frey Agoraphobie |
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Nous pouvons ainsi définir l' agoraphobie
par rapport aux critères diagnostiques DSM
IV, (Diagnostic and Statistical Manual of
Mental Disorders - American Psychiatric Association)
:-Anxiété liée au fait de se retrouver dans des endroits
ou des situations d'où
il pourrait être difficile
(ou gênant) de s'échapper
ou dans lesquelles
on pourrait ne pas trouver
de secours en
cas d'attaque de panique
ou bien en cas de
symptômes à type de panique.
Les peurs agoraphobiques
regroupent un ensemble
de situations caractéristiques incluant le fait
de se retrouver seul en
dehors de son domicile; d'être dans une foule ou dans une file
d'attente; sur un pont
ou dans un autobus,
un train ou une voiture.
N.B. : Envisager le diagnostic
de phobie
spécifique si l'évitement
est limité à une
ou seulement quelques situations
spécifiques,
ou celui de phobie sociale
si l'évitement
est limité aux situations
sociales.
Les situations sont soit
évitées (p. ex.,
restriction des voyages)
soit subies avec
une souffrance intense
ou bien avec la crainte
d'avoir une attaque de
panique ou des symptômes
à type de panique ou bien
nécessitant la présence d'un accompagnement.
- L'anxiété ou l'évitement
phobique n'est
pas mieux expliqué par
un autre trouble mental,
tel une Phobie sociale (par ex. évitement limité aux situations
sociales par peur d'être
embarrassé), une
Phobie spécifique (par
ex., évitement limité
à une situation unique
comme les ascenseurs),
un Trouble obsessionnel compulsif (par ex., évitement de la saleté chez quelqu'un
ayant une obsession de
la contamination),
un état de stress post-traumatique (par ex., évitement des stimuli associés
à un facteur de stress
sévère) ou un Trouble anxiété de séparation (évitement lié au départ du domicile ou
à la séparation d' avec
les membres de la
famille). Mentionnons que
l'évitement de
situations peut altérer
les capacités des
sujets à voyager, à travailler
ou à assumer
leurs responsabilités.
Quels sont les symptômes ?
Selon la définition admise
en général, le
trouble panique se diagnostique
quand une
personne à au moins quatre
attaques de panique
en l’espace d’un mois.
Au cours de l’une
de ces attaques il y a
présence d’au moins
quatre des symptômes suivant
:
- sensation d’étouffement
- étourdissements, sensations
d’instabilité
ou d’évanouissement
- palpitations ou augmentation
du rythme
cardiaque
- tremblements ou secousses
musculaires
- transpiration
- sensation d’étranglement
- nausée ou gène abdominale
- dépersonnalisation ou
déréalisation
- sensation d’engourdissement
ou de picotement
- bouffées de chaleur ou
série de frissons
- douleur ou gène thoracique
- peur de mourir
- peur de devenir fou ou
de commettre un
acte non contrôlé
Si l’agoraphobie existe sans trouble panique,
c’est essentiellement quand
la personne évite
toutes les situations redoutées. La distinction trouble panique/agoraphobie
avec ou sans trouble panique
est obscure
pour chacun. On constate
que l’agoraphobie
isolée débute vers 25ans
et que l’agoraphobie
avec trouble panique débute
vers 35-45 ans.
Puis, on constate que toutes
les phobies
ont un mécanisme commun
qui se complexifie
en fonction de la diversité
des stimuli.
Le schéma est le suivant
:
• Situation angoissante
Dans le cas de l’agoraphobie
les situations
problèmes sont nombreuses.
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Etendue déserte
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Tunnel
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Magasin
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Voiture
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Espaces souterrains
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Ascenseur
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Autoroute
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Restaurant
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Bus
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Espaces surchauffés
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Salle de spectacle
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Pont passerelle
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Réunions
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Métro
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Espaces mal aérés
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Cinéma
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Foule
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Avion
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Bateau
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Marcher seul dans la rue
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• Manifestations physiologiques :
- palpitations
- transpiration
- tremblements ou secousses musculaires
- sensations de souffle coupé ou étouffement
- douleur thoracique
- nausée ou gène abdominale
- sensation de vertige, d’instabilité
- sentiment d’irréalité ou d’être détaché
de soi
- peur de devenir fou
- peur de mourir
- paresthésies (sentiment d’engourdissement
ou de picotement)
- frissons, bouffées de chaleur
Les symptômes apparaissent sous forme de
syndromes d’apparence cardio-vasculaire,
neurologique, digestive et syncopale.
• Emotion : peur
Pour l’agoraphobie, c’est une peur irraisonnée
sans danger objectif.
• Cognition : il s’agit de l’anticipation
de la peur face à l’objet ou à la situation
qui pose problème.
Dans le cas de l’agoraphobie, il y a anticipation
de la situation vécue qui est ressentie comme
un danger (danger de mort, de perte de contrôle
de soi, d’avoir un comportement ridicule,…).
• Comportement : on constate qu’il y a des
évitements directs ainsi que des évitements
subtils.
Dans les événements directs de l’agoraphobie
les situations sont progressivement évitées,
notamment les lieux d’où on ne peut pas s’échapper
et les lieux où on ne peut pas être secourus.
Parmi les événements subtils, il y a l’utilisation
d’une personne, d’un objet "contra-phobique"
qui accompagne la personne et crée une situation
rassurante.
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Les phobies simples ou spécifiques regroupent
les phobies situationnelles
(avion, voiture,
bateau, tunnels, ponts,
…), les phobies des
animaux (chiens, insectes,
…), les phobies
du sang, des blessure et
interventions médicales
(piqûres, dentiste, coupures…),
et bien d’autres
encore … Nous pouvons ainsi
définir les phobies
spécifiques par rapport
aux critères diagnostiques
DSM IV, ( Diagnostic and
Statistical Manual
of Mental Disorders - American
Psychiatric
Association) :
- Peur persistante et intense
à caractère
irraisonné, déclenchée
par la présence ou
l’anticipation de la confrontation
à un objet
ou une situation spécifique.
- L’exposition au stimulus
générateur d’angoisse
provoque de façon quasi
systématique une
réaction anxieuse immédiate
qui peut prendre
la forme d’une attaque
de panique liée à
la situation ou facilitée
par la situation.
- Le sujet reconnaît le
caractère excessif
ou irrationnel de la peur.
- La (les) situation(s)
génératrice(s) de
peur est (sont) évitée(s)
ou vécue(s) avec
une anxiété ou une détresse
intense les)
situation(s) génératrice(s)
de peur est (sont)
évitée(s) ou vécue(s) avec
une anxiété ou
une détresse intense.
- L’évitement, l’anticipation
anxieuse ou
la souffrance dans la (les)
situation(s)
redoutée(s) perturbent,
de façon importante
les habitudes de l’individu,
ses activités
ou ses relations avec autrui.
- Chez les individus de
moins de 18 ans,
la durée est d’au moins
6 mois.
- L’anxiété, les attaques
de panique ou l’évitement
phobique associé à l’objet
ou à la situation
spécifique ne sont pas
mieux expliqués par
un autre trouble mental.
Les phobies spécifiques
ne provoquent pas
forcément un gros handicap.
: les phobies
spécifiques les plus courantes
(animaux par
exemple), peuvent être
vécues sans de lourds
handicap. Ce n’est que
quand l’individu ne
peut sortir de chez lui
(de peur de rencontrer
tel ou tel animal ou tel
autre par exemple),
qu’il en vient à consulter
un spécialiste.
Quels sont les symptômes ?
Lorsqu'une personne souffre de phobie spécifique
et qu'elle est confrontée avec l'objet de
sa peur, elle éprouve un sentiment d'anxiété
intense qui va parfois jusqu'à la panique.
La plupart du temps, il est facile d'éviter
les situations qui peuvent provoquer une
crise de phobie.
Comment se met-elle en place ?
Plusieurs éléments interviennent, en interrelation.
Le contexte familial peut jouer un rôle important
dans la mise en place d’une phobie. L’enfant
apprend un grand nombre de comportements
auprès de ses parents. Il en est de même
pour les phobies. Si un enfant voit un de
ses parents avoir une réponse inadaptée devant
tel ou tel objet phobogène, il aura tendance
à reproduire ce comportement au contact du
même objet.
Le comportement a son importance mais aussi
le discours verbal ou non verbal. Les commentaires
(« fais attention tu vas te noyer »), les
anecdotes (« telle personne qui s’est fait
mordre ») ou les simples réactions du visage
(masque d’horreur face à une souris) sont
autant d’apprentissages pour l’enfant.
Bref, le modèle donné par les parents est
dysfonctionnel, la phobie et son comportement-clé,
l’évitement, sont appris. La possibilité
de transmission parentale multiplie par trois
le risque de phobie chez l’enfant.
La phobie et son comportement-clé, l’évitement,
sont appris. La possibilité de transmission
parentale multiplie par trois le risque de
phobie chez l’enfant.
En dehors de la phobie spécifique, un milieu
familial anxieux est le terrain « idéal »
à l’ancrage de peurs. Stress chronique, atmosphère
anxieuse diffuse, comportements d’évitement,
sont le « terreau » du développement d’une
phobie.
La phobie spécifique trouve également son
origine dans une expérience désagréable,
un traumatisme (ex : « être mordu par un
chien », « accident de voiture », …). Ce
modèle est le plus spécifique, mais :
- Le nombre de phobies dues à un choc n’est
pas si nombreux
- Le même choc peut laisser quelqu’un indemne,
quelqu’un d’autre avec une phobie mise en
place.
Le conditionnement, bien que fréquent, n’est
pas forcément une explication en soi. D’autres
facteurs font naître la phobie, ou du moins
la facilitent.
L’apparition d’une phobie est également due
à notre appartenance à l’espèce humaine :
les phobies spécifiques sont pour la plupart
en rapport avec un instinct ancestral de
survie de l’espèce (animaux prédateurs, obscurité,
hauteurs, lieux inconnus….). Ces peurs ont
été justifiées à un moment ou à un autre
de l’histoire de l’Homme, favorisé l’adaptation
de l’Homme à son environnement. On peut parler
ici de génétique : face à une situation,
un comportement automatique de survie refait
surface, entraînant émotion intense et évitement.
D’où l’irrationalité de la phobie.
Les schémas de danger sont donc transmis
génétiquement. Ce sont les contextes (familiaux
et environnementaux) qui faciliteront l’émergence
de ce schéma, dysfonctionnel, car anachronique
donc inadapté.
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Pieter Bruegel La tour de Babel |
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Il s’agit d’une crainte irrationnelle d’être
jugé ou observé par un autre, de donner le
spectacle d’un comportement inadapté, voire
honteux, de révéler cette tendance anxieuse.
La phobie sociale concerne les individus
qui, dans certaines situations sociales,
éprouvent une forte anxiété. Ces manifestations
anxieuses intenses et la plupart du temps
paralysantes ou inhibitrices conduisent le
sujet à éviter lesdites situations, d’où un fort handicap.
Nous pouvons ainsi définir la phobie sociale
par rapport aux critères diagnostiques DSM
IV, ( Diagnostic and Statistical Manual of
Mental Disorders - American Psychiatric Association)
:
- Une peur persistante
et intense d'une ou
plusieurs situations sociales
ou bien de
situations de performance
durant lesquelles
le sujet est en contact
avec des gens non
familiers ou bien peut
être exposé à l'éventuelle
observation attentive d'autrui.
Le sujet
craint d'agir (ou de montrer
des symptômes
anxieux) de façon embarrassante
ou humiliante.
(Si une affection médicale
générale ou un
autre trouble mental est
présent, la peur
décrite ici est indépendante
de ces troubles;
par exemple, le sujet ne
redoute pas de bégayer,
etc.)
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Schéma 1 *
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| La phobie sociale (suite) |
- L'exposition à la situation sociale redoutée
provoque de façon quasi systématique une
anxiété qui peut prendre la forme d'une attaque
de panique liée à la situation ou bien facilitée
par la situation.
- Le sujet reconnaît le caractère excessif
ou irraisonné de la peur.
- Les situations sociales ou de performance
sont évitées ou vécues avec une anxiété et
une détresse intenses.
- L'évitement, l'anticipation anxieuse ou
la souffrance dans la (les) situations(s)
sociale(s) redoutée(s) ou de performance
perturbent, de façon importante, les habitudes
de l'individu, ses activités professionnelles
(ou scolaires), ou bien ses activités sociales
ou ses relations avec autrui, ou bien le
fait d'avoir cette phobie s'accompagne d'un
sentiment de souffrance important.
- Pour les individus de moins de 18 ans,
on ne porte le diagnostic que si la durée
est d'au moins 6 mois.
- La peur ou le comportement d'évitement
ne sont pas liés aux effets physiologiques
directs d'une substance ni à une affection
médicale et ne sont pas mieux expliqués par
un autre trouble mental (par exemple, le
trouble panique avec ou sans agoraphobie).
Les caractéristiques habituelles associées
à la phobie sociale comprennent une hypersensibilité
à la critique, à une évaluation négative
ou au rejet, un faible estime de soi ou des
sentiments d'infériorité. Les sujets ayant
une phobie sociale craignent souvent une
évaluation indirecte par les autres telle
que de passer un examen.
Nous pouvons donc construire un tableau pour
conclure en ce qui concerne le déroulement
d’une crise liée à la phobie sociale :
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Quelle situation?
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En situation sociale
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Manifestation
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Ponctuelle
|
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Avant
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Panique
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Pendant, attention portée
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Sur soi
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Peur
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D'être humilié ou agressé
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Après
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Honte
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Concordance trouble / personnalité
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Non
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Stratégie comportementale
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Evitement
|
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Nature
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Pathologique
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La phobie sociale est de nature pathologique,
elle est envahissante, handicapante et influe
sur le développement et le devenir social
et affectif du sujet...
Quelles en sont les caractéristiques ?
1. Le trouble de la personnalité évitante
Il s'agit d'un mode général d'inhibition
sociale, du sentiment de ne pas être à la
hauteur et d'hypersensibilité au jugement
négatif d'autrui qui apparaît au début de
l'âge adulte et est présent dans des contextes
divers, comme en témoignent au moins quatre
des manifestations suivantes:
Le sujet
- Evite les activités sociales professionnelles
qui impliquent des contacts importants avec
autrui par crainte d'être critiqué, désapprouvé
ou rejeté.
- Manifeste de la réticence à s'impliquer
avec autrui à moins d'être certain d'être
aimé.
- Est réservé dans les relations intimes
par crainte d'être exposé à la honte et au
ridicule.
- Craint d'être critiqué ou rejeté dans les
situations sociales.
- Est inhibé dans les situations interpersonnelles
nouvelles à cause d'un sentiment de ne pas
être à la hauteur.
- Se perçoit comme socialement incompétent,
sans attrait ou inférieur aux autres.
- Est particulièrement réticent à prendre
des risques personnels ou à s'engager dans
de nouvelles activités par crainte d'éprouver
de l'embarras.
Il y aurait deux types de personnalité évitante
:
• Les grands anxieux qui arrivent à nouer
des relations positives avec quelques personnes,
ils ont souvent eu une enfance normale, les
relations parents/enfants étaient saines,
ces cas profitent bien des thérapies comportementales,
de l’entraînement aux habiletés sociales
et de la désensibilisation progressive
• Ceux qui sont tout autant anxieux que susceptibles,
qui ont de la difficulté à faire confiance
aux autres et qui vivent dans une grande
solitude, ils ont souvent eu une enfance
avec relations parents/ enfants malsaines
: jugement des parents, attentes trop élevées…),
ces cas profitent mieux des thérapies analytiques.
Avant de parler de troubles de la personnalité
il faut tout d’abord atteindre l’âge adulte.
Il est en effet fréquent qu’à l’adolescence
on traverse une phase se rapprochant de l’évitement.
Ce n’est qu’après plusieurs années de vie
adulte que le psychiatre peut poser un diagnostic.
2. L’anxiété sociale
L’anxiété sociale est perçue sous deux angles
essentiels :
- Anxiété de performance : face à un observateur,
au centre de l’attention, perte des moyens
et ressources.
- Anxiété d’interaction : se sentir évalué
dans une relation et à son désavantage. Perte
du statut d’interlocuteur valable : anxiété
relationnelle.
Exemples :
- Anxiété de performance : téléphoner en
public, participer au sein d’un petit groupe,
manger dans un lieu public, boire en compagnie
dans un lieu public, jouer, donner une représentation
ou une conférence, travailler en étant observé,
uriner dans des toilettes publiques, entrer
dans une pièce alors que tout le monde est
déjà assis, prendre la parole à une réunion,
passer un examen, faire un compte rendu à
un groupe.
- Anxiété d’interaction : parler à des gens
qui détiennent une autorité, aller à une
soirée, contacter par téléphone quelqu’un
qui ne vous connaît pas très bien, parler
à des gens que vous ne connaissez pas très
bien, rencontrer des inconnus, être le centre
d’attention, exprimer son désaccord ou sa
désapprobation à des gens que vous ne connaissez
pas très bien, regarder dans les yeux des
gens que vous ne connaissez pas très bien,
résister aux pressions d’un vendeur insistant.
Quelques chiffres :
Chez l'enfant.
| Situation |
Peur et évitement chez des enfants phobiques
sociaux |
| Parler en public |
88% |
| Manger en face des autres |
39,3% |
| Être en classe avec les autres enfants |
27,6% |
| Ecrire en étant observé |
27,6% |
| Utiliser les toilettes publiques |
24,1% |
| Parler à des personnes représentant l'autorité |
20,7% |
Chez l’adulte.
| Situation |
Peur et évitement chez des sujets phobiques
sociaux |
| Prise de parole et interaction formelles
(cours, réunions...) |
70% |
| Affirmation de soi : exprimer son désaccord,
refuser, demander, donner son avis... |
31% |
| Observation par les autres : effectuer une
tâche (manger, boire, travailler...) sous
le regard des autres. |
22% |
L’anxiété sociale est donc multiforme : trac,
timidité, phobies sociales sont des phénomènes
différents qui contiennent eux-mêmes une
belle diversité.
On peut néanmoins dégager une ligne commune
:
Peur du regard -> Peur du jugement ->
Peur de l’exposition
La peur du regard : la crainte d’être exposé
au regard d’autrui est systématique. A l’origine
du mécanisme, elle va en stimuler le développement.
Il est à noter que cet élément, comme les
autres qui vont être décrits, sont présents
chez chaque individu, ce sont les proportions
et la nature handicapante qui mènent au trouble.
Personne n’aime être regardé, un sujet souffrant
d’anxiété sociale évidemment que les autres.
Il s’agit là d’une peur instinctive.
Peur du jugement : sur cette peur instinctive
va se construire une deuxième strate, celle-ci
psychologique : le regard devient jugement,
est interprété comme tel.
La peur du regard de l’autre se « concrétise
» psychologiquement :
Exemple : - Toute relation est une évaluation
- Le sujet est tourné vers lui-même et non
pas vers ce qui se passe autour de lui, vers
la relation.
- - Le sujet juge sa prestation plus négativement
qu’un observateur le ferait
- - Le sujet sélectionne : il se souvient
essentiellement des prestations décevantes
- -.Les relations sont anticipées, appréhendées
négativement
- - Les commentaires positifs ne sont ni
entendus ni intégrés.
- - Le sujet est inhibé (les compétences
sont altérées ou bloquées, non développées)
Cette peur du jugement est en relation avec
des phénomènes et mécanismes divers, tels
que :
Peur de soi : le sujet peut avoir mis en
place une anxiété quant à ses propres réactions.
Hyper vigilance, attention portée sur soi,
focalisation qui perturbent la performance
elle-même où l’attention pour être efficace,
doit être portée vers l’extérieur.
Voir Schéma 1 *
Peur du regard d’autrui : jugement et évaluation
: le sujet est inhibé (altération des facultés)
car il redoute le jugement, l’évaluation,
en l’occurrence, négatifs. On peut rapprocher
cela du trac, anxiété d’évaluation, de performance.
Ici, c’est de la performance sociale dont
il est question. Celle-ci est interprétée
à travers le filtre de l’anxiété :
- L’attention de l’autre est surévaluée («
il me surveille, pas le droit à l’erreur
»)
- Le jugement négatif est surévalué
(« il m’a trouvé nul (le) »)
Peur de l’image de soi : le sujet qui souffre
d’anxiété sociale a des difficultés à s’adresser
des compliments sur ses performances; il
en découle un grand besoin de reconnaissance.
Le désir de donner une bonne impression est
donc fréquent. Le problème naît de la présence
conjointe de cette ambition et de la peur
de ne pas réussir. Désir et peur mêlés sont
ici à la naissance du trouble. On peut ajouter
à cela des exigences excessives que même
des « non phobiques sociaux » n’auraient
pas. Les performances sont donc nécessairement
insatisfaisantes.
Voir Schéma 2**
L’anxiété est un trouble cognitif. On vit
une situation, on en pense quelque chose.
Les pensées (les différentes peurs que nous
venons d’aborder) donnent lieu à des émotions
et comportements de dysfonctionnement, non
adaptés au bien-être.
Voir Schéma 3***
Dans la phobie sociale, le comportement anxieux
prédominant est l’évitement. Les peurs conduisent
l’individu à l’évitement plus ou moins développé
des situations anxiogènes.
Nous sommes ici dans le principe du cercle
vicieux. A chaque évitement, la valeur anxiogène
de la situation augmente. Le trouble s’ «
auto-nourrit » :
Voir Schéma 4****
Mais le phobique social peut anticiper. En
effet, l’anticipation anxieuse se produit
avant les situations problèmes. Elle prend
schématiquement trois dimensions : psycho-corporelle,
cognitive et comportementale. On peut considérer
que ces symptômes font partie du vécu anxieux
de la situation elle-même.
L’anticipation sera donc marquée :
- d’un point de vue psycho-corporel (tension
musculaire, difficulté végétatives diverses,
respiratoires)
- d’un point de vue comportemental (évitement,
hyperactivité, vérification, inhibition)
- d’un point de vue cognitif (hyper vigilance,
focalisation, troubles de la mémoire…)
Ces caractéristiques de l’anticipation sont
valables dans le cadre de tous les troubles
anxieux, mais prennent une valeur particulière
dans l’optique de la phobie sociale.
Pour prendre quelques exemples :
- Même si toute phobie est respectable, il
est irrationnel de craindre une souris (une
souris n’est pas « rationnellement dangereuse
»)
- Il est irrationnel de penser mourir ou
devenir fou (folle) pendant une prochaine
attaque de panique.
- Il est rationnel de penser que l’on va
rater une performance sociale avant la performance.
La phobie sociale inhibe; le sujet ne se
comporte donc pas naturellement, il n'est
pas en pleine possession de ces moyens.
L’anticipation anxieuse dans la phobie sociale
s’inscrit donc dans un « fond » de réalité.
Il est logique d’avoir peur : quand on est
inhibé, on est « moins bon » socialement.
Cet aspect est à prendre en compte thérapeutiquement.
Pour neutraliser l’anticipation, il ne suffit
pas de rassurer, de mettre à jour le discours
catastrophiste, les comportements dysfonctionnels
ou d’expliquer les manifestations corporelles,
Il faut également développer ses compétences
sociales, avec tout ce que cela implique.
Dans le cas contraire, la peur sera quelque
part «justifiée».
Quels sont les symptômes de la phobie sociale?
Ils sont de différentes natures :
- Symptômes physiologiques : tensions et
manifestations neurovégétatives disproportionnées
: tensions musculaires, douleurs musculaires,
fatigue, tremblement, sensation d’étouffement,
tachycardie, sécheresse de la bouche, …
- Symptômes cognitifs : hyper vigilance,
focalisation, hyper conscience de soi et
par voie de conséquence, difficulté de concentration,
de mémoire (trou noir) distorsions cognitives
(lecture de la réalité éloignée de la réalité
elle-même)…
Anticipation anxieuse, besoin de réassurance.
- Symptômes comportementaux : conduites d’évitement
direct ou subtil, vérifications, inhibition,
hyperactivité.
Comment devient-on phobique social ?
La phobie sociale résulte d'un apprentissage,
le phobique sociale suit donc un modèle,
celui-ci peut être comportemental ou cognitif.
Modèle comportemental : il existe deux cas
de figure :
- Apprentissage d'une conduite de dysfonctionnement
: en clair, le sujet prend comme exemples
des individus ou relations déjà problématiques
(ex : parents peu sociabilisés, peu tolérants
ou peu affectifs)
- Apprentissage non référencé : le sujet
n'a pas de références, d'exemples d'un comportement
social adapté.
Modèle cognitif : la phobie sociale naît
d'un mauvais traitement de l'information
:
- Le danger vécu, expérimenté est intégré
(stress chronique durant l'enfance, exemple
familial et/ou social d'anxiété, traumatismes
divers)
La réalité (ici les relations sociales) est
ensuite interprétée en fonction de dangers
potentiels.
- Un sujet phobique social a une conscience
déformée de lui-même : image négative et
sous-évaluation.
Exemple de schéma cognitif
• Le sujet pense se conduire de manière ridicule
ou inacceptable.
• Il craint des conséquences négatives telles
le rejet, la dévalorisation de son image
ou de son statut.
• Ces pensées font naître le phénomène anxieux
:
- Les symptômes anxieux (tremblement, rougissement…)
deviennent eux-mêmes des signes de danger
et viennent nourrir l’anxiété.
- L’hyper vigilance aux manifestations somatiques
et aux pensées entraîne une baisse des compétences
sociales : le sujet est tourné vers l’intérieur
(pensées, corps), non vers l’extérieur (la
relation)
- Les comportements d’évitement, de fuite
entraînent chez l’autre des comportements
sinon similaires du moins altérés.
• La performance sociale est insatisfaisante.
• L'anxiété est nourrie, développée. Les
compétences ne se développent pas.
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